Espaces publics : rencontre ambiance relation, Espaces privés collectifs : intimité

Après la première phase d’analyses urbaine et architecturale du quartier et d’échanges avec les habitants , le Suffren me semble être un bâtiment qui a des points positifs qui méritent d’être conservés et ne nécessite que quelques interventions.

J’ai choisi d’intervenir en priorité à l’échelle urbaine puis dans un second temps à l’échelle de l’immeuble.

Actuellement le Suffren est un bâtiment qui n’est pas ancré et dont les limites ne sont pas définies. Entouré d’une forte mobilité composée principalement de voitures et de parkings qui le sépare du  “Plein Soleil”, le piéton y semble absent. Cet aménagement génère une fracture sociale physique et visuelle dans le quartier.

Cette observation m’a amené à traiter la question du seuil et des espaces de transition entre l’extérieur et l’intérieur qui se divise en trois espaces (espaces publics – semi public – collectif privé) et les relations entre le Suffren et le “plein soleil”.

Dans mon projet je veux reconnecter et articuler le plein soleil et le Suffren, qui sont deux formes urbaine différentes en créant un dispositif intermédiaire, un espace de rencontres actif, agréable et riche en ambiances.

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Coupes sur le suffren

 

Ce dispositif m’a permis également de réduire le problème de dénivelé qui permet de gagner plus d’espaces  en  réduisant le nombre et la surface occupée par les rampes; de gérer la végétalisation en respectant l’intimité de chaque bâtiment et enfin, de réduire le vis-à-vis en offrant aux habitants des deux bâtiments une vue orienté vers cette espaces actifs; des bancs distribués tout aux long de cet aménagement et surtout devant chaque entrée pour favoriser le dialogue entre les voisin et les habitants.

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Plan masse

 

Du côté de la  Rue des Poilus d’Orient, j’ai généré une percée pour avoir un cadrage visuel plus fort, large et direct vers le bâtiment Suffren avec un passage piétons et une aire de jeux publique.

L’espace extérieur sud-ouest, s’est transformé en espace privé à  usage collectif pour les habitants du Suffren pour avoir plus d’intimité, et donner plus d’équilibre avec le Plein Soleil qui dispose déjà d’un espace collectif privé, cet espace est lié par le hall d’entrée qui est devenu traversant pour ceux qui viennent en voiture puissent accéder à leurs appartements plus facilement, ainsi qu’un local vélo et poussette réservé aux habitants.

Au niveau de la circulation, je voudrais réduire la circulation d’automobile le plus possible, et les concentrés d’un côté seulement qui est Rue Ronsard qui est à deux sens, avec deux poches de stationnement.

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A l’échelle de l’immeuble les circulations verticales ont été remises aux normes incendie ce qui m’a donné l’occasion de redessiner les halls d’entrée afin de les rendre traversants pour permettre aux habitants accéder facilement d’un espace à l’autre.

J’ai gardé la structure principale ainsi que les mêmes typologies de logement en donnant plus de confort aux habitants en leur offrant un séjour plus généreux avec un espace de salle à manger connecté directement avec la cuisine, des balcons du côté sud avec des châssis fixes et d’autres coulissants.

Axonométrie explicative du projet
Axonométrie explicative du projet

 

capture4Texte et images: Nadine Nourry

Faire place aux rencontres  

lieux-fertilesLes objectifs de ce projet découlent des conclusions de la phase d’analyse qui mettait en avant le fait que d’une part le bâtiment ne présentait pas de d »faut majeur, mais au contraire beaucoup de qualités à mettre en avant. Et d’autre part que le rue était un non lieu dédié uniquement à la voiture, et donc dangereux pour les autres usagés.

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Les objectifs sont donc de cibler en priorité les abords du bâtiment tout en effectuant quelque modification chirurgicale au sein du bâtiment afin de faire place aux confrontations, au partage ainsi qu’aux rencontres.

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Les modifications sont donc concentrées en majeurs partie aux abords et au minimum dans le bâtiment hormis quelques murs ouvert, quelques cloisons déplacées ou encore des allège abattues. Tout ceci dans le but d’améliorer au plus possible la vie et le quotidien des habitant avec le moins de chantier possible.

Ce projet ce décline en cinq échelle d’interventions, qui sont également cinq échelles de relation sociales : le quartier, les abords, les entrées, les espaces communs, et enfin les appartements.

Pour le quartier, le but était de canaliser les manques du quartier en un point, un équipement nommé la maison des associations, qui serait chargé de la gestion des jardins potager et qui accueillerai également des ateliers, des salles appropriables ou encore des bureaux de co-working. Ensuite le but tait également d’améliorer l’existant comme par exemple le city stade qui devient un élément inséré dans un maillage en lien avec la MJC ainsi qu’avec la résidence universitaire. Enfin, un autre point à l’échelle du quartier était le lien à rétablir entre le Suffren et le plein soleil, qui est assumé ici par une placette faisant interface entre les deux résidences, pouvant servir à diverses manifestations de quartier.

En ce qui concerne l’échelle des abords, le but principal était de passer d’un non lieu à une séquence de lieu amenant aux partages et aux rencontres. Ceci passe tout d’abord par le dimensionnement de la rue, qui ici obtient une dimension de rue partagé où tout les usagers doivent faire attention aux autres. Ceci passe également par la mise en place d’un certain nombre de lieu comme des jardins paysagers ou encore des micros parcs.

Les entrées forment quand à elles la transition entre l’espace public et l’espace communs du bâtiment. Elles sont ici formées d’une plateforme surélevé du niveau de la rue et couverte afin d’accueillir les boites aux lettres. Ainsi que d’un édicule pouvant accueillir les vélos ou encore les poussettes des habitants.

Au sein de l’espace commun, le but était de libérer l’espace ainsi que de le rendre traversant afin de créer un foyer appropriable par les habitants, pouvant servir de salon, de coin lecture, ou encore de coin baby foot ou billard.

Ensuite vient le seuil de chaque appartement, qui a été reculé afin de créer une dernière interface entre l’espace commun et l’espace privé. Les modifications des appartements sont minimes, mais on permit d’agrandir chaque appartement afin d’obtenir des espaces plus confortable. Enfin, des extensions viennent compléter chaque façade du bâtiment tout en offrant des espaces extérieurs supplémentaires à chaque appartement.

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textes et images par: ROEHN Alexandre

comment gérer les abords d’un unique volume bâti dans son rapport physique, visuel et social au voisinage ?

Suite aux interviews effectuées auprès des habitants du Suffren et du Plein Soleil et à une analyse urbaine et architecturale du site, j’ai décidé de travailler mon projet à deux échelles: l’échelle urbaine et l’échelle de l’immeuble. Deux échelles connectées entre elles puisque mon projet traite particulièrement de la question du seuil entre l’intérieur et l’extérieur de l’immeuble, entre l’espace public et le logement privé.

Aujourd’hui le Suffren apparait comme un vestige d’un système d’urbanisme ouvert qui, de part les modifications alentours, se retrouve encadré par un système urbain constitué d’îlots.

Dans cette nouvelle situation urbaine, le Suffren ne semble pas ancré, pas attaché à la ville. Il semble posé sur une parcelle engazonné, encadré par des espaces plus dédiés à l’automobile qu’aux piétons. De plus, si le Plein Soleil dispose d’un jardin collectif qui lui est propre, la parcelle du Suffren n’est pas exploitée comme tel, créant un déséquilibre.

Ainsi, comment gérer les abords d’un unique volume bâti dans son rapport physique, visuel et social au voisinage ?

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Mon projet propose de rééquilibrer les choses en diminuant et restructurant l’espace dédié à l’automobile. Ces modifications permettent de créer un véritable espace public positionné entre le Plein Soleil et le Suffren. Celui-ci articule deux typologies urbaines différentes autour d’une « cour paysagère » fonctionnant avec un « jardin en gradins » ayant pour point d’ancrage une place propice à la rencontre des habitants. Cette place fonctionne avec un bâtiment dédié à la vie associative des habitants utilisable au quotidien. La place des rencontres, la cour paysagère et le jardin en gradin fonctionnent également avec une aire de jeux et un city stade à l’est qui, de part un traitement du sol, freine la circulation automobile de la nouvelle route qui connecte la rue des Poilus d’Orient à la rue Fénelon. Au sud, la rue Ronsard devient une rue à sens unique réservée aux riverains desservant les maisons individuelles mais permettent également l’accès au jardin collectif du Suffren qui lui même donne accès à ses 3 halls d’entrée.

coupe plan de la cour paysagère
coupe plan de la cour paysagère

 

Croquis d'ambiance du jardin participatif du Suffren
Croquis d’ambiance du jardin participatif du Suffren

 

La notion de confort, dans le cadre d’une réhabilitation, se résume souvent à des questions normatives, thermiques et acoustiques. Ce, parfois au détriment des qualités spatiales initiales du projet. C’est pourquoi, à l’échelle de l’immeuble, j’ai choisi d’axer mon projet autour de la question du confort spatial au travers de la problématique suivante :

Comment envisager la réhabilitation d’un immeuble années 60 autour de la notion du confort spatial ?

À mon sens, la structure du Suffren ne permettait pas réellement de réaliser de petites typologies sans ternir ses qualités spatiales actuelles telles que la double exposition, la luminosité, un plan fonctionnel, confortable … C’est pourquoi j’ai choisi de conserver au maximum le plan existant de chaque appartement, de sorte à ce que mon intervention soit mesurée et justifiée par le seul désir d’ajouter du confort.

Ma première intervention consiste en la création d’un dispositif d’entrée couvert dont la limite est définie par l’ajout d’un local vélo et d’un atelier de bricolage pour chaque cage d’escalier, créant ainsi un front bâti. Il s’agit d’une première gradation public / privé entre la cour paysagère et le Suffren. À l’intérieur, la modification principale consiste en la création d’une cage d’escalier encloisonée située en face des trois entrées existantes du Suffren. Les trois halls d’entrée au rez-de-chaussée deviennent alors traversant, permettant également un accès au jardin collectif.

Plan d'étage
Plan d’étage

 

Chaque palier d’étage dessert dorénavant deux appartements qui profitent à minima de la double exposition. La création d’une nouvelle cuisine accessible depuis l’entrée communiquant avec un grand séjour et un large jardin d’hiver positionné au sud augmente la fonctionnalité et le confort des appartements. Ce jardin d’hiver, situé sur toute la longueur de l’appartement constitue à la fois un seuil qui établi un rapport entre l’intérieur et l’extérieur du logement mais également une extension de chaque pièce avec lesquelles il communique. Pour apporter plus de souplesse et de possibilités d’adaptation du logement aux familles, la dernière chambre située au sud devient la « pièce en plus ». Si de part un double accès, cette pièce peut toujours constituer une chambre, le fait qu’elle puisse communiquer avec le séjour permet d’accroitre les possibilités d’aménagements. Enfin, l’ancienne cuisine devient une chambre, dorénavant toutes situées au nord.

Croquis d'ambiance du jardin d'hiver
Croquis d’ambiance du jardin d’hiver

Texte et images: Flavien ANCHAO

 

 

 

 

Des communs à l’individuel

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Les échanges avec les habitants de l’immeuble Suffren lors de notre enquête de terrain nous ont fait part de soucis majeurs, bien que le bâtiment présentait cependant des aspects positifs. Parmi ces soucis majeurs, deux d’entre eux ont permis de structurer le projet.

axo-schemaLe premier axe de réflexion consistait à recréer du lien social entre les habitants de l’immeuble. Le travail effectué a donc été centré sur les espaces communs, plus particulièrement en rez de chaussée. Cela a consisté à repenser les communs existants afin de les rendre plus confortables et d’y intégrer des infrastructures non existantes (local vélo, buanderies communes, foyers communs) accessibles depuis le hall ainsi que de rendre ce dernier traversant afin de créer un accès direct au jardin.  Le travail en rez de chaussée consistait également à l’ajout d’espaces communs directement accessibles depuis la rue, à savoir une garderie, un espace associatif ainsi qu’un abri de jardin.

Le jardin en partie sud a été pensé comme une extension des espaces communs présents en rez de chaussée. Ainsi, il est divisé en trois parties (aire de jeu, aire de détente, jardins partagés) respectivement liées avec la garderie, l’espace associatif et l’abri de jardin.

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Plan masse

 

Le second axe de réflexion consistait à réduire les typologies d’appartement, décrits par les habitants comme étant trop vastes, certaines pièces n’étant pas utilisées. Ainsi en conservant au maximum les structures existantes, le travail consistait à remodeler les appartements afin de dégager des pièces de vie traversantes, plus lumineuses et spacieuses qu’aujourd’hui. L’intégration de studio, une typologie non présente actuellement, permet également de créer une mixité sociale plus importante et vient renforcer l’utilisation des espaces communs mis en place en rez de chaussée. Un des points majeurs visant à améliorer le confort des appartements a été l’ajout d’espaces extérieurs pour chaque appartement, avec l’apport de loggias pour les studios, et de balcon pour les plus grands appartements. L’ouverture des pignons, aujourd’hui inutilisés et l’ajout de balcons permet également de recréer des façades et de changer l’image extérieure du bâtiment.

Façades
Façades

Texte et images Nicolas BUR