Table ronde n°3: Le stationnement

Deux idées majeures sont ressorties de cette table ronde thématique:

IDEE n° 1:

-  Conserver les parkings devant l’immeuble avec un dispositif d’entrée pour les logements au RDC.

–  Faire un premier bilan du stationnement disponible. (Avec ceux de l’immeuble plein soleil aussi) Puis évaluer et faire une approche quantitative sur le quartier.

–  Réorganisation des circulations.

IDEE n°2:

– Créer un parking dans les sous-sols existants avec une seule entrée et une seule sortie. (un seul sens de passage) d’environ 30 places

 

– Problème : que faire de la chaufferie ? (Cela dépend du bailleur : s’il est d’accord pour individualiser les charges (dans ce cas de figure, les vélos seraient au RDC.)

 

Cette idée a pour objectif de requalifier l’espace entre les 2 immeubles en :

  • sécurisant la zone (car piétonne)
  • créant des connections entre les deux immeubles
  • replantant de la végétation

(Les dimensions seront à réfléchir)

 

Autre constat : Les places de parking en bout de bâtiment sont rarement remplies alors que devant la façade nord, il n’en reste aucune.

AUTRES QUESTIONNEMENTS :

  • réfléchir à la liaison avec l’immeuble au sud
  • faut-il remettre en cause le parcellaire ?
  • faut-il supprimer la rampe du « plein soleil » ? (car déjà une autre entrée PMR)
  • les deux pignons de l’immeuble nécessitent une réflexion

A NOTER :

  • Si l’on veut créer un hall traversant : l’accès PMR doit se faire par un seul côté (le plus utilisé)
  • local vélo : un endroit visible, pourquoi pas un système individualisé, sur un lieu de passage, éviter au sous-sol (le PLU compte 1,5m2 / vélo)
  • voiture : 1 place / logement

 

 

Rapport table ronde 1: Typologies

La première table ronde débattait principalement des typologies de logements, mais a aussi déviée sur le lien entre elles, les distributions, abords, …

- Épaississement du bâtiment et ajout d’espaces en façades : Le bâtiment étant fin, il est possible d’ajouter des espaces pour modifier la typologie des appartements, il peut ajouter des fonctions communes, telles qu’une 2ème salle de bain ou une chambre supplémentaire, ou des fonctions ajoutant une qualité particulière aux typologies, comme un jardin d’hiver, ou une pièce « capable », évolutive et appropriable.

Il a été aussi évoqué l’ajout de balcons ou de structures autoportantes afin de modifier l’apparence du bâtiment, en ré-homogénéisant ou pas la façade par le biais de ces dispositifs.

- Modularité des typologies : Le travail sur les typologies était l’élément fondamental de cette discussion, les typologies actuelles sont anciennes et constituées de nombreuses pièces de petite taille, une idée proposée était par exemple de réduire les typologies, les rétrograder, afin d’obtenir des pièces plus amples et généreuses.

Les typologies pourraient aussi intégrer des notions de modularité et d’adaptation afin de pouvoir anticiper les changements d’utilisation des logements dans le futur, et ne pas uniquement se contenter de répondre à la demande actuelle qui est orientée vers les petites typologies principalement.

- Distribution : Les distributions (escaliers, et descente d’eau, électricité) sont actuellement au nombre de 3 dans le bâtiment, mais le projet peut permettre d’imaginer d’autres emplacements, qu’elles soient repoussées à l’extérieur directement au contact du bâtiment ou vraiment éloignées du bâtiment, avec un jeu de coursive pour la desserte. Tout en prenant garde aux nuisances supplémentaires générées par ce dispositif.

- Travail des abords : L’ajout d’espaces extérieurs afin de modifier les typologies peut être un levier intéressant pour le travail du rapport au sol et aux abords. Modifier les typologies  peut participer à l’assise du bâtiment sur le sol.

- Façades et ouvertures : Les façades actuelles pourraient être modifiées par l’ajout de brises vues ou d’élément occultants permetant de participer à l’homogénéisation de la façade et au changement de regard porté sur ce bâtiment.

Cette façade pourrait aussi être appropriable par les habitants et interchangeable.

- Attique : Plusieurs projets réfléchissaient à l’implantation d’éléments en attique, des logements exceptionnels, des volumes communs, des lieux de rencontre, des serres, jardins ou potager pour la lecture et amorcer une indépendance des habitants.

-Lucas MAIZERAY

Donner une image au SUFFREN par le prolongement Extérieur

Après avoir analysé l’immeuble SUFFREN à Villers-lès-Nancy ainsi qu’interrogé ses habitants, plusieurs problèmes furent observés.

Le premier fut le manque d’espaces communs et la nécessité de changer l’image de immeuble ainsi que ses façades répétitives .  Lors de sa conception,  un habillage de couleur fut réalisé pour donner un peu de  dynamique sur les façades.

La façade Sud-Ouest  est, entre autre, assez exposée dans l’après midi et la température monte  facilement dans ces pièces. L’ajout d’un espace extérieur pourrait remédier à ce problème et offrir un espace supplémentaire à chaque appartement.

Un autre des enjeux du projet consisterait à trouver un solution pour le Rez de chaussée qui entretient un rapport assez direct avec la rue du côté de la façade principale.

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Photogtaphies et textes par ARAKELYAN Torgom

Mobilité et Anonymat : Deux conditions du citadin dans la ville

- D’après Harvey Cox

Dans son ouvrage de 1966 La Cité Séculière, Harvey Cox définit deux composantes de la ville moderne et de ses conditions d’habitat ; l’une, la mobilité, principe structurant dans la nouvelle approche de l’urbain, et l’autre l’anonymat, situation de l’individu face au phénomène métropolitain, redéfinissant les conceptions traditionnelles des sphères publiques et privées.

Le citadin se retrouve au carrefour de ces deux dimensions fondamentales, et se voit contraint d’ajuster sa manière d’habiter aux exigences nouvelles que constitue la métropole.

D’un côté, à l’inverse des pratiques traditionnelles de la cité ou de l’habitat rural, sa vie s’organise suivant les liaisons qu’il aura à réaliser entre ses différents lieux d’activité : dans la configuration actuelle de la ville, son logement est souvent mis à distance de son lieu de travail , et son lieu de travail mis à distance des différentes fonctions qu’il aura à utiliser au cours de son quotidien. Supermarchés, hôpitaux, l’école de ses enfants, ses lieux de loisirs et de vacances se distendent et ne forment plus un espace contenu dans lequel l’individu peut évoluer en pleine conscience de la distance qu’il parcourt.
Sa mobilité devient essentielle et son média (qu’il se déplace en transports en commun, à pied ou en voiture) prend une importance première dans l’acquisition d’un emploi et la sustentation de ses besoins primaires.

A une autre échelle, c’est la ville elle-même qui, par l’intermédiaire des politiques municipales, se polarise, créé des centralités, des groupements, des espaces qui morcellent le territoires en différentes zones de fonctionnement. Nancy en est un exemple qui tend à devenir significatif : de la zone médicale de Brabois aux zones commerçantes de Essey et Houdemont, les espaces de campus que sont la fac de lettre et le quartier des deux rîves ou les réserves d’habitations de Villers-Clairlieu et du Vand’Est, il devient inconcevable de pratiquer la ville sans moyen de déplacement motorisé. De plus chaque quartier devient dépendant des flux pendulaires qui le traversent, rendant désertes des portions entières de territoire passé 19h, en éveillant d’autres, tout en contraignant les citadins à s’enfermer dans des immeubles d’habitations que plus rien n’anime la nuit tombée. La vie urbaine se séquence et devient monofonctionnelle ; plus que ça, elle isole les habitants et réduit fortement les rapports sociaux de proximité, la vie de quartier et les activités nocturnes qui se retrouvent elles-aussi compartimentées dans des espaces dédiés au centre ville ou dans de poussifs micro-centres comme Vandoeuvre, Jarville, Maxéville etc…

L’homme de la ville n’évolue plus dans un espace qu’il mesure, mais est sans cesse obligé de se motoriser pour aller d’un endroit à un autre. A l’époque où il vivait en zone rurale ou dans des villes de moyenne dimension, l’individu pouvait évoluer dans un contexte clos : son habitation, son lieu de travail et celui de ses loisirs se situaient à proximité, de sorte qu’il lui était possible d’entretenir une vie sociale dense et constamment stimulée, en connaissant et côtoyant au quotidien ses différents acteurs.

« Pendant mon enfance, écrit l’auteur, mes parents ne disaient jamais ”le laitier”, ”l’agent d’assurances”, ”le brocanteur”. On parlait d’eux en disant Paul Weaner, Joe Villanova et Roxy Barazano *. »

Contrairement à son pendant rural, le citadin sépare très clairement sa vie privée de ses relations publiques.
Étant confronté à un plus grand nombres d’interlocuteurs dans le réseau de services qu’il convoque au cours de sa journée, il se voit contraint à faire un tri. Aussi une manière de mettre à distance les différents acteurs qu’il côtoie est selon Harvey Cox, d’accepter l’anonymat.
L’anonymat est pour lui la seconde composante fondamentale de la vie urbaine : le citadin a fuit précisément la société rurale pour éviter cette promiscuité subie. Il ne veut plus entretenir de relations d’intimité avec des personnes qu’il n’aura pas choisies au préalable.
L’auteur critique ici le constat fait par les pasteurs et sociologues dans les années 60 au sujet des relations interpersonnelles présentes au sein d’immeubles d’habitation modernes. Ces derniers s’alarmaient du peu, voire de l’absence totale de relations que pouvaient entretenir entre eux des voisins proches, habitant parfois sur le même palier depuis des années sans se connaître.
Pour Cox, si il y a là un indiscutable changement dans les structures relationnelles, il n y a pas pour autant disparition pure et simple des rapports humains :

« En étudiant la question, on a vu que, dans les grands complexes, les amitiés se nouent selon l’âge, la composition de la famille et les communautés d’intérêts. Il est rare qu’elles se nouent parce que les appartements sont proches l’un de l’autre. […] Aussi quand on déplore que des gens vivent souvent des années sur le même palier sans vraiment se connaître, on ne tient pas compte du fait que beaucoup choisissent de ne pas connaître leurs voisins et de ne pas entrer dans leur intimité. Cela leur laisse plus de temps et d’énergie à consacrer aux amis qu’ils ont choisis eux-mêmes et n’implique pas que l’habitant d’un H.L.M ne puisse aimer son voisin de palier.** »

Si ce constat paraît juste dans le cas de grosses métropoles et de complexes d’habitations à grande échelle, qu’en est-il de notre immeuble de logement Suffren ?
A l’intermédiaire de la micro et de la macro opération, il parait difficile de calquer totalement la situation décrite plus haut sur la réalité de la vie à Villers. Nous l’avons vu, les questions de mobilité et d’anonymat sont des phénomènes perceptibles dans nos sociétés, mais est-il pour autant possible de dire que ces comportements sont choisis par les habitants ? Les relations de proximités non désirées sont peut-être pour partie évitées par certains, mais à quel moment s’agît-il d’un choix, à quel moment s’agît-il d’une fatalité ?
En d’autres termes, les individus choisissent-ils de ne pas se côtoyer, ou est-ce la disposition des lieux, des emplois du temps, en somme la configuration de la vie elle-même qui ne se prête pas à leur rencontre ?

-Arthur Grandjean

* Harvey Cox, La Cité Séculière (Paris, Casterman, 1968 ; New York, Macmillan, 1966) p.70

** ibid. p.72

Partager le projet et construire le dialogue avec les habitants

De nombreuses opérations de rénovation urbaine s’effectuent sur les quartiers sociaux et se terminent mais la question la plus intéressante est : ont-ils réussi à changer l’aspect de ces quartiers d’un point de vue extérieur ?

 

Construire et rénover un logement et les espaces extérieurs ne suffit pas, il faut aider à construire ou reconstruire la vie sociale autour d’un logement ; et afin de comprendre plus les habitants, leurs besoins ; le groupe permanence a mis en place a pris charge des interviews avec les habitants du Suffren.

 

Je me suis intéressé à ce groupe particulièrement car on est en contact direct avec les habitants ce qui nous laisse plus proche d’eux afin de comprendre leur besoin à jours par rapport à l’état actuelle de leurs logements ; de les écouter et voir leur quartier, leur problème et même leurs vœux de leur point de vue, non celle de l’architecte seulement.

 

‟Pour moi le quartier est bien desservi, je n’ai pas de voiture, le transport en commun est très proche, le tram a dix minutes à pied, ou en bus tout est à proximité. […]

 

‟Moi je voudrais changer la peinture, les façades, le dehors de l’immeuble : ça rajeunirait un petit peu ! […]

 

Le coté le plus intéressant pour moi, après avoir élaboré plusieurs pistes et problématiques et fait le tour dans le coin pendant cette première phase, j’ai retenu que cette barre à l’effet d’un mur qui bloque la vue des rues autour du bâtiment.

J’ai donc, essayé de changer l’aspect des logements sociaux (barre) et offrir des logements rééquilibrés, en améliorant la tranquillité, le cadre de vie quot%e5%9b%be%e7%89%872idiens.

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Volumétries et typologies au sein du quartier

Le cadrage de la vue 3D du quartier autour du Suffren nous permet d’en observer les différentes typologies de logement par leur volumétrie. Celles-ci sont souvent regroupés au sein d’opérations de construction réalisées à différentes époques montrant l’évolution par opérations successives résultant en un patchwork.
Nous allons mettre en évidence les principales typologies de logements ainsi que leur emplacement dans le quartier en les triant selon leur période de construction. Les équipements seront représentés en gris sur les vues et les différentes densité en couleurs.

Lotissements de maisons individuelles, de maisons doublées et de villas construites à partir de 1927 et cité jardin de la chiennerie R+1 à R+2
Lotissements de maisons individuelles, de maisons doublées et de villas construites à partir de 1927 et cité jardin de la chiennerie R+1 à R+2

 

 

Immeubles collectifs des années 50, toits à deux pans, R+4
Immeubles collectifs des années 50, toits à deux pans, R+4

 

 

Lotissement de maisons individuelles et doublées 1960, de plein pied et R+1, toits à deux pans ou plats. C'est à cette époque qu'est construit l'immeuble Suffren
Lotissement de maisons individuelles et doublées 1960, de plein pied et R+1, toits à deux pans ou plats. C’est à cette époque qu’est construit l’immeuble Suffren

 

 

Résidence Universitaire Placieux, immeubles des années 70 à toit plat, R+4
Résidence Universitaire Placieux, immeubles des années 70 à toit plat, R+4

 

 

Lotissements de maisons de plein pied avec toits à deux pans, années 70.
Lotissements de maisons de plein pied avec toits à deux pans, années 70.

 

 

Logements collectifs de la fin des années 70 à toit plat R+4 à R+5
Logements collectifs de la fin des années 70 à toit plat R+4 à R+5

 

 

Immeubles de rapports R+2 R+4, années 80
Immeubles de rapports R+2 R+4, années 80

 

Maisons en bande individuelles de plein pied et R+1 construites de la fin des années 80 à nos jours
Maisons en bande individuelles de plein pied et R+1 construites de la fin des années 80 à nos jours

- Axel MONTAUT

Retrouver le lien social dans un logement collectif : exemple du jardin partagé

Après avoir analysé l’immeuble SUFFREN à Villers-lès-Nancy ainsi qu’interrogé ses habitants, un des principaux problèmes qui a fait surface est le manque de lien entre les habitants de l’immeuble, et d’un point de vue plus général des habitants du quartier. Un des enjeux du projet consiste alors à trouver des dispositifs permettant de recréer ces liens entre les locataires.

De plus nous avons observé que les abords de l’édifice comportent des problèmes ou ne sont pas voire mal exploités. Après des visites d’opérations de logements dans le quartier du Haut du Lièvre à Maxéville nous avons pu constater dans quelle mesure il était important d’apporter à ces opérations un traitement paysager. Ainsi, les jardins partagés sont une alternative au traitement des espaces résiduels qui bordent un édifice, et ils permettent de créer des liens entre habitants autour d’un intérêt commun, ces derniers mettant parfois même en place de leur propre gré des associations afin d’entretenir ces jardins.

Un jardin partagé consiste à mettre à disposition une parcelle aux habitants d’un immeuble ou d’un quartier, afin qu’ils se l’approprient et qu’ils créent en ce jardin un espace convivial, ouvert et où les protagonistes se retrouvent pour partager, échanger et jardiner ensemble. Cela participe à la fois à la vie d’un quartier, mais aussi à l’embellissement des espaces publics mis à disposition. Au-delà de leur fonction première de jardins, ces derniers affirment également leur dimensions participative, éducative, sociale et écologique. Crées dans les années 1990, ils peuplent désormais et de plus en plus les abords des logements sociaux datant des trente glorieuses.

Les jardins partagés offrent une réelle solution d’aménagement des espaces résiduels, tout en permettant de combattre la carence de lien social entre les habitants. Ils offrent un réel axe de réflexion quant au projet qui nous est proposé.

Jardins du Zephyr, aulnay sous bois
Jardins du Zéphyr, Aulnay sous bois
Jardins partagés du Plateau de Haye
Jardins partagés du Plateau de Haye

Texte: Nicolas BUR

Etude du paysage et des vues du bâtiment

Après les multiples contacts et entretiens menés avec les habitants, des éléments se faisaient redondants comme l’absence d’espaces de rencontre, la façade datée à rafraîchir, l’absence de balcons pour certains, etc… une de ces préoccupations était directement liée aux vis-à-vis et aux vues que le bâtiment offrait sur le paysage mais aussi sur le voisinage.

Il est ainsi revenu plusieurs fois la sensation d’avoir la résidence « Plein Soleil » directement en pleine vue, de manière frontale, ce qui était ressenti comme une agression par plusieurs habitants du « Suffren ».

« Je perds au moins une heure de soleil du coté de la rue tous les matins [à cause du « Plein Soleil »] ! »

Cette sensation peut être expliquée par la destruction de l’ancien immeuble qui était situé sur la parcelle actuelle de la résidence « Plein Soleil », il a été construit au même moment que le « Suffren » et adoptait la même morphologie, sa disposition laissant à l’époque des possibilités de vues plus importantes qu’avec la résidence qui l’a remplacé.

Le quartier en 1987
Le quartier en 1987

D’autant plus que la construction du « Plein Soleil » étant plus récente, les habitants ont eu le temps de s’habituer à l’absence de vis-à-vis et à l’espace laissé par l’ancien bâtiment, renforçant leur ressenti d’agression quand la construction du « Plein Soleil à débuter.

Afin de corroborer ou infléchir ce constat, nous avons fait un reportage photographique, suivant un protocole, afin d’obtenir des images objectives des vues du bâtiment vers l’extérieur.

Le résultat de cette étude est le suivant :

Mosaïque des différentes vues
Mosaïque des différentes vues

Les photos sont classées par étage du RDC en bas au 6ème en haut, et par cage d’escalier, c-b-a et a-b-c de part et d’autre du bâtiment.

On peut donc observer le « Plein soleil » sur les 3 colonnes de gauche et les maisons individuelles de l’autre côté sur les 3 colonnes de droite.

Ces clichés nous font remarquer que la conception du bâtiment « Plein Soleil » avait pris en compte la présence du « Suffren » en aménageant des percées, pour laisser filer le regard au niveau la cage d’escalier A, les autres cages n’étant pas en vis-à-vis avec le bâtiment, les seuls espaces qui ont une vue frontale du bâtiment voisin, sont les cages d’escaliers, ces espaces étant traités par un vitrage translucide et non transparent.

Il est cependant possible que l’ombre produite par le « Plein Soleil » sur le « Suffren » présente une gène mais là encore cette ombre n’impacte le bâtiment qu’à certaines heures et ne touche pas la pièce principale dans le « Suffren » qui est systématiquement tournée de l’autre côté.

Ce travail nous a permis de constater l’écart de ressenti des habitants, confronté à leur voisinage tous les jours, et qui le ressente au travers de cette situation et l’étude objective qui est plus nuancée sur l’importance de ce vis-à-vis.

UNE APPROPRIATION DIFFÉRENTE D’UN MÊME ESPACE

Nous avons eu l’occasion de rencontrer la photographe Hortense SOICHET, qui a
mené de nombreuses études photographiques sur l’environnement habitable en France. Elle choisit de s’intéresser à l’habitat, et plus particulièrement à la relation que les occupants entretiennent avec leur lieu de vie. Pour cela elle procède à des enquêtes, procédant à des relevés visuels et sonores, par photographie des espaces et sauvegarde des récits que les habitants livrent sur leur domicile.

Hortense SOICHET
Hortense SOICHET

Pour rendre compte de son travail, Hortense SOICHET suit un protocole défini à
l’avance, un mode opératoire bien précis afin que le fruit de son travail puisse donner lieu à une véritable analyse et à une réponse à la problématique posée. Elle a opéré de nombreuses enquêtes sur les logements en France, comme Habiter la Goutte d’Or, Paris en 2009-2010, Paris, Architecture Domestique en 2012 ou bien encore Espaces partagés en 2011-2013 et toutes, selon à peu près le même mode opératoire.

–   Imprégnation du lieu pendant plusieurs mois, afin de connaitre le quartier, faire part du projet ainsi que donner confiance aux habitants,

–   Premières interviews des habitants sur leur mode de vie et capture photographique de l’instant : l’idée étant de donner à voir depuis le même point de vue, différents types de logement et d’appropriation, afin de montrer au maximum une neutralité visuelle quant aux entretiens avec les personnes,

–   Organiser les informations recueillies pour montrer de manière objective la vie dans ces logements, mêlant photographies et témoignage des habitants.

Le travail d’Hortense SOICHET nous a énormément inspiré pour notre étude du
logement Suffren. C’est pourquoi, nous nous sommes essayés à une opération du même ordre. Du porte-à- porte dans l’ensemble de l’immeuble afin de nous rendre compte des différentes manières d’appréhender et d’occuper l’espace des habitants. Ainsi, nous avons pu faire face à une multitude de réponse, les habitants souvent très ouverts à notre proposition et volonté de vouloir visiter et discuter avec eux de leur cadre de vie. De la pièce à vivre aménagée des meubles de famille en bois massif, petits napperons sur la table et cadres photos disposés précisément dans la pièce, au salon aux murs blancs dont les meubles plus discrets laissent place à un espace plus épuré et libre d’interprétation, nous avons pu nous rendre compte du grand nombre d’aménagements possibles pour un espace pourtant similaire.

Photographies d'intérieur des appartements du SUFFREN (Groupe photographie vidéo)
Photographies d’intérieur des appartements du SUFFREN

Des générations différentes, une culture du bien chez soi face à celle du changement de la jeunesse, un habitat depuis maintenant plusieurs années contre celui du dépannage le temps de trouver mieux : tant de façon différentes de penser et vivre son habitat.

Photographies et textes par Marie SIAT

Photographie de Hortense SOICHET :
https://www.google.fr/search?q=hortense+soichet&rlz=1C1LENP_enFR492FR492&source=l
nms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwi37vykxZrXAhUrCsAKHWYACQMQ_AUICigB&biw=15
17&bih=707#imgrc=AqalB9Ibyyi_kM:

REPRESENTATION ET ANALYSE DE L’EXISTANT

Nous avons dans un premier temps, sur la base de documents graphiques fournis par le bailleur social MMH et de relevés complémentaires, mis en place un dessin du bâtiment existant afin d’en faire une base aux différentes propositions de projet des étudiants. Il permet en effet de bien saisir les enjeux et les contraintes de l’existant et de son contexte, devenant ainsi un outil essentiel dans la mise en place d’hypothèses et la vérification de celles-ci.

L’immeuble Suffren se développe donc sur 80,40 mètres pour une largeur de 10,80. Il se décompose en 7 étages abritant 63 logements. L’édifice comporte également un sous-sol composé en partie d’espaces communs (garages à vélo + caves) et de vides sanitaires. Ses deux façades principales sont orientées Nord-Est (façades d’entré) et Sud-Ouest.

 De bas en haut : Trois entités accolées ; Répartition et orientation des logements ; Structure de l'édifice.
De bas en haut : Trois entités accolées ; Répartition et orientation des logements ;
Structure de l’édifice.

Trois entités accolées composent l’immeuble. Chacune d’elles fonctionne de la même façon : une circulation verticale (escaliers et ascenseur) coté rue des Poilus d’Orient (Nord-Est) dessert trois logements par étage : un T2 mono-orienté, face aux escaliers, et deux autres logements traversants allant du T4 au T5 de chaque coté de l’escalier. Chaque appartements possèdent un cellier (un sur trois à
l’intérieur du logement, les deux autres accessibles par les communs). Les appartements répondent à une organisation commune : un séjour côté Sud-Ouest et les cuisines et salles de bains côté Nord Est, excepté pour les T2 mono-orientés façade Sud-Ouest. La structure du bâtiment se développe sur une trame longitudinale de trois voiles béton : deux façades porteuses, Nord-Est et Sud-Ouest, et un mur de refend central. Cette division permet donc une liberté de cloisonnement intérieur mais limite le percement des façades et du refend centrale.

Images et texte: Martin PERRIN